A l'aventure ! - NOUVELLE

Publié le 5 novembre 2025 à 20:09

Genre : Nouvelle

Longueur : 2 pages

Date : Juin 2022

Contexte : Concours d'écriture 

Statut : Disponible

Un silence douillet affleure le sol.

Des lianes chinoises s’étirent de ma forteresse de coton, je m’esbrouffe, piaille et m’élance, me balance à l’aventure.

A sonder les hauteurs de la nuit je n'ai pas vu la marche, dégringolade des étoiles.

Une lune solitaire me tente, ses épines de secondes et ses minutes de roses chutent jusque dans mon oreille impatiente.

Sur un damier de fausses pièces, je joue des chevauchées héroïques et des tours endiablées.

Le jour épouse la nuit, puis la quitte, puis l'épouse, et dans leurs ébats électriques, j'ampoule mes pieds de course de postier éclairé.

Dans son cœur tout feu tout flamme, le prince anthracite et l'amour m'a brûlé la main.

A l'abordage d'un navire irlandais, j'ai chaviré et entraîné les sangs translucides de mes frères dans une explosion verre.

Un serviteur chevaleresque m'a guidé dans une bibliothèques d'étranges têtes difformes.

Sur la toile d'une baleine rembourrée j'ai trampoliné d'océans de rois et de nombres en mer de beaux bois vernis.

J'ai écouté les échos lointains d'une tante birmane en voyage sur un fil de mauvaise houle.

Une mer vitrifiée renversée trouve sa liberté dans un goulot plein d'abimes, la coquille rouge vogue vivante vers les aux fonds.

Un cimetière sinueux d'ancêtres en tranches s'étirent sous mes pas silencieux.

Des piques d'argents carrèlent les ronds d'albâtre sur lesquels des trèfles refroidis gisent, cœur sur table.

Une machine faiseuse de ténèbres avide de cristaux brillants gueulait en grommelottant.

Une dame de métal à la robe fendue me réconforte et moi accroché à sa cuisse chaude.

Dans les aveuglantes vapeurs torrides j'ai goûté une liqueur salé aux pattes tortillées.

Un tueur frigide ouvre son manteau et me dévoile ses charognes conservées.

Dans la gueule d’une bête douillette, je mâche une endive rousse.

Une abeille de tonnerre à carboniser un plateau de vers enrobées.

Une forêt de poteaux m'entête, frappent les cloches sur mon nez.

Un club de nudistes se dorent la moule sur les grils de l'enfer.

Un père noël inspirant sèche mes larmes en vapeur.

Dans une prison sans barreaux des baguettes magiques filtrent des sorts verts, rouges, bleus et noirs et des hiéroglyphes et des formules parcheminent.

Des étoffes de soie sucrée réveillent ma peau amorphe.

Des pans d'âmes longs s'étiolent sur le tissu de ma mémoire.

De jaunes hauts et de noirs bas valsent sous mes paupières drapées.

En suivant le glouglou fou à vau l'eau j'ai miré mes prunelles dans l'or d'un bassin, deux poissons bruns et velus roulaient mollement.

Une fenêtre glacée sur patins gèle un vermisseau curieux s'ébattant dans un palais de vices et délices.

Des rouleaux feuilletés déroulent leur vague vie, essuyant les peaux humides des chialeuses.

Des sacs figuratifs cultivent des champignons mondiaux.

J'ai humé les bombes nauséabondes d'un caveau de serpents multicolores.

Un parterre d'herbes fanées, je m'ébattis et sortis grumeleux de charbon terreux et de souvenirs décomposés.

Une sirène stridente hurle de rire et ses langues de chair s’envolent avec foliesse.

Je les évite et invite à une cavalcade contre l’inéluctable qui demeure.

Dans le cockpit d’un char à voile solaire, je file à la vitesse de la lumière vers une illustre planète.

Atterrissage sur des vagues de tendresse et un voile amoureusement embué couche mes paupières de fatigue.

Je tombe en sommeil.

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